Ces deux dernieres semaines sont helas passees bien vite. Adieu les frustrations, ressenties par moment au debut, dues aux problemes de communication avec les enfants, je continue les cours dánglais, avec parfois des jeux pour aider (cartes, jeux de memoire, loterie …).
Ma petite classe me supplie tous les matins avec des « Class Uncle class Uncle », et une fois leurs devoirs de corvee effectues (vaisselle, balais, douche, brossage de dents), nous passons nos matinees a nous amuser, decouvrir des mots anglais, ecrire, etc…
L’apres-midi, apres un dejeuner generalement epice mais tres bon, on joue calmement sous la chaleur des tropiques, souvent a l’ombre dehors, car les chambres sont de reels fourneaux lorsque les coupures de courant regulieres empechent l’utilisation des ventilos.
Puis, en milieu d’apres-midi, une quarantaine d’enfants rentre de l’ecole et je suis gentiment envahi de partout : « game, play with us, uncle give me Uno cards, skipping … ». J’ai donc participe a de nombreux echanges de badminton avec les garcons ou les filles, joue au Uno, Jenga, et d’autres jeux, et aide les filles a reviser (culture generale, anglais, maths, tout ce qui est appris en anglais finalement), le tout poncute par de nombreuses questions de curiosite sur mon pays et mes voyages.
Le soir, repos pour ma part pendant leur priere, et apres le diner, des discussions calmes loin de l’euphorie de la journee ont lieu lorsque je fais la tournee des chambres pour souhaiter bonne nuit. J’enseigne egalement du francais certains soirs, a ceux interesses comme Tenin, Prathap ou Minie.
Jeudi, le pasteur a contacte pour moi un ami pilote de rickshaw pour ne pas etre escroque durant ma journee tourisme a Bangalore.
Raja m’a donc emmene partout ou je voulais, et j’ai ainsi redecouvert la folie sur la route de cette grande ville, saupoudree d’un trafic incroyablement intense, bruyant, pollue et definitivement ereintant en fin de journee. Mais ce brouhaha aura ete ponctue par la visite reposante des jardins botaniques Lalbagh ou arbres et fleurs du monde proliferent en paix, du palace du sultan Tipu, de la galerie d’art Karnataka Chitrakala Parishath, de 45 longues minutes perdues pour l’emballage et l’envoi d’un colis, et de la visite improvisee d’un marche local de rue ou tous les produits et professions se cotoient sur le bord de route.
Dimanche, le pasteur tenait a ce que j’assiste a la messe. Les enfants m’ayant de nombreuses fois demande de venir, j’ai accepte. J’ai donc pu assister a de nombreuses prieres chantees, des moments de transe musicaloreligieuse du pasteur, des discours traduits specialement pour moi, et ai recu les benedictions de tous les fideles pour me remercier et me promettre un avenir riche a tous niveaux, et ainsi revenir et aider de nouveau.
Un peu mal a l’aise au debut, leur generosite m’a vite touchee, prier pour moi etant la seule maniere de me remercier. Cela m’aura fait oublier les 12 litres d’eau par seconde qui s’evacuaient de tous mes pores durant les 2h de messe (un chretien en transe-priere, ca chauffe dur, alors 50 fideles dans une minuscule piece exposee au soleil, avec un ventilateur casse, ca fait suer).
L’apres-midi, accompagne du petit Tenin et du grand Santosh, on rejoint le centre commercial Total : j’y achete 2 gateaux et des boissons pour le lendemain, et un jeu de carrom (un carre en bois geant, genre de billard miniature se jouant a la main, avec des pions plats) tant demande par les enfants depuis mon arrivee. Apres benediction du jeu par le pasteur, l’hyperactivite des garcons est soudain canalisee autour de ce carre en bois pendant l’apres-midi, me permettant de jouer avec les filles.
J’ai passe ma derniere journee du lundi avec les enfants, comme d’habitude : de retour de l’ecole, on a celebre l’anniversaire (en avance, car ils voulaient le feter en ma presence !) du petit Tinu et de la belle Jayakodi, 7 et 12 ans.
J’ai ensuite droit a une bonne heure de sermons, explications du plan de dieu, justifications des evenements mondiaux par la bible et autres foutaises par le pasteur, qui confirme mes pensees quant a son illumination un peu trop prononcee. Il tente d’appliquer sur moi, en vain, la mission que dieu lui a confie, en me demandant de laisser Jesus entrer dans ma vie et prier avec lui, sous peine de souffrir en enfer dans quelques temps. J’ai gentiment refuse son offre, preferant m’eclater en enfer avec tous mes autres potes/famille non-chretiens, car si Jesus n’est pas dans votre vie, bin vous etes mal barres pour l’au-dela les amis. Moi qui voulais profiter de mes derniers moments de cette belle aventure pleinement avec les enfants, j’aurais perdu une heure a ecouter un pasteur qui, une fois lance, ne s’arrete plus.
S’ensuit une ultime seance de jeux, ou j’essaye d’accorder mes dernieres minutes a tout le monde : revision avec Anita, bataille de ballons d’eau avec Prathap, Santosh 1 et 2, Tenin, Tinu, Vivek …, badminton avec la nouvelle arrivante de la semaine Bumeka, Jayakodi, Supryia …
Arrive enfin Dwarakanath, mon coordinateur charge de mon placement ici, et cela annonce la fin de 3 bien belles semaines dans cette grande famille. Ultimes echanges, dernieres photos, high five avec les enfants, aux-revoirs, ce moment etrange charge d’emotions me rappellent une fin de projet au Bresil. Les yeux mouilles, je quitte les lieux sous les « good bye » des enfants et de l’equipe, certain de redevenir Uncle a nouveau, un de ces jours …
J’aurai passe un bien beau moment dans cette famille, tres vite integre et aime par les enfants. Cet endroit est plein de vie, et c’est une tache epuisante mais noble que l’equipe accomplit chaque jour ici, en particulier Kissy, une femme admirable devouee au plus haut point pour chaque enfant : nourrir, eduquer, heberger, aimer 47 enfants, et bientot plus.
Je ne peux que critiquer la vision du pasteur sur la gestion de cet orphelinat : il n’a aucun revenu, ne cherche pas a en avoir, ne cherche pas de fonds d’aucune maniere, mais croit aux miracles de Dieu. Je l’ai donc seulement vu arriver a l’orphelinat avec pasteur Juliette, s’asseoir dans une piece et prier jusqu’a son depart, et ce tous les jours. 5 ans que son projet existe, et qu’apparemment s’asseoir et croire en Dieu permet au lieu de survivre difficilement financierement jour apres jour et heberger, scolariser et nourrir 50 enfants. J’espere que cette gestion tres farfelue, relevant de la chance pour moi, s’averera efficace pour toujours, mais j’ai bien peur de l’avenir de ce lieu … Heureusement, j’ai appris par Dwarakanath que si ce lieu tourne mal, une association « de secours » est derriere l’orphelinat pour prendre en charge les enfants.
Apres avoir dine avec Dwarakanath, je rejoins la gare a 21h : etant en liste d’attente, je scrute les murs a la recherche de la « chart ». J’y decouvre mon nom et ma place (enfin, mon lit) confirme, avec meme un changement vers une classe meilleure (je passe des compartiments 3 banquettes en hauteur aux compartiments 2 banquettes en hauteur). J’ai donc redige ce message durant mon long voyage (17h30) entre Bangalore et Trivandrum, apres une nuit a essayer de somnoler (bruit, clim’, chahut du wagon sur les rails …). J’adore etre dans un moyen de transport en Inde : en tuktuk, je vois la vie de la ville defiler sous mes yeux. En train, j’ai passe de nombreuses heures a la porte (ouverte) du wagon, bien accroche aux poignees, a savourer le defile des paysages : rizieres, cocotiers, bananiers, maisons, femmes aux champs, charrues, rivieres, et j’en passe, le tout sous une chaleur et une humidite bien elevees dans cette Inde du Sud, et ponctue par des salutations lointaines des gens et enfants sur les bords de route, intrigues de voir une tete blanche qui depasse.
En direct d’un cybercafe a Trivandrum, en cette soiree pluvieuse et chaude, a 20m de mon hotel, je mets a jour ce blog avec ce dernier message de mon voyage en Inde. Heureux d’avoir decouvert un peu ce pays bien different de nos contrees occidentales, et fier d’avoir realise ce voyage qui m’appeurait un peu. Je suis aussi desormais oncle 47 fois, et ces enfants resteront a jamais dans mon coeur, en esperant sincerement revenir et les revoir, et aider comme je le peux. Quand, aucune idee, mais j’ai la vie devant moi. Des souvenirs plein la tete, et une envie de revenir pour continuer a decouvrir ce grand pays (prochaine fois, le nord ?). Quand, aucune idee encore une fois !
21h30, je retourne dans ma chambre (de qualite, pour 3e la nuit, merci Lonely Planet) pour ma derniere nuit. Demain, un rickshaw vient me chercher a 6h et m’emmene a l’aeroport (he ouais, tout prevu !!). A bientot, en direct de Perth !
PS : les photos arriveront a mon retour en Australie, c’est lent ici !

Apres quelques comparaisons de prix de rickshaw, je remonte pour la 3e fois dans cette pot de yahourt de la mort. Peu importe le conducteur, la conduite est la meme, a savoir klaxon-freins-je-m-insere-parce-que-je-le-veux-et-puis-merde. Je m’y fais, j’ai confiance, ca fait peur pour un occidental, mais cette danse entre les vehicules a l’air de rouler. On traverse la ville, le pont de la riviere Cauvery bien assechee, et on arrive sur l’ile de Srirangam. Je suis depose devant le premier gopuram du
Bref, j’en prends plein la vue et j’opte, grand luxe, pour un guide (250 roupies, environ 3e) qui me montre et m’explique ce que l’on voit. Il s’apelle, ou plutot se fait appeler, Bruce Lee, et on sympathise tout en visitant. J’en prends plein la vue, et c’est encore plus magnifique que le « simple » Rock Fort d’hier.











