Apres avoir aterri a Bangalore Lundi 8 Mars, le frere de mon correspondant de l’association m’emmene de l’aeroport aux bureaux de l’assoc’, dans le centre de Bangalore. Adieu poussiere omnipresente  de Trichy, Thanjavur ou Madurai, bonjour Bangalore et ses buildings, ses compagnies informatiques partout, sans oublier la desormais typique danse des vehicules dans les embouteillages. M’enfin n’imaginez pas New York, c’est toujours l’Inde avec ses detritus un peu partout et cette confusion constante !

Apres avoir discute avec M. Naidu pour les formalites de base et la description du projet, je rejoins l’orphelinat dans la banlieue de Bangalore. L’organisation a ete cree par le Pasteur V.V. Charles, et apres avoir tenu un orphelinat dans le centre de Bangalore (20 enfants), 47 enfants (de 1 a 14 ans) sont desormais nourris, loges et scolarises dans le quartier de Anekal Taluk. Ils viennent d’horizons differents, mais leur passe est souvent plus ou moins le meme : abandonnes, enfants des rues, parents sans le sou, ou accident tragique les laissant seuls face au monde sont accueillis ici. Le pasteur compte sur quelques dons et, je cite, les miracles de Dieu, pour faire tourner a bien la machine et payer le loyer (15000 roupies par mois), les 2 employees, les factures, etc …
Je decouvre les lieux, tous les enfants viennent se presenter et me serrer la main. Je suis officiellement « Uncle », et apres 10 jours, meme si certains connaissent mon prenom, je suis toujours « Uncle ». Explication : le pasteur est appele « Daddy », Kissy, une benevole qui a 2 enfants ici, est appelee « Mummy », et les volontaires ou autres acteurs sont systematiquement surnommes « Uncle » par les gamins.


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J’ai donc pour mission de divertir les jeunes et d’enseigner les rudiments d’anglais aux plus jeunes. A 8h, le bus vient exporter la majorite des enfants vers l’ecole. Seule une petite dizaine d’enfants reste la : certains, arrives durant l’annee, ne sont pas encore scolarises, et d’autres sont temporairement suspendus de leur scolarite (probleme de peau contagieux). J’ai donc a enseigner l’anglais a Supryia, Abel, Suraj, Amu, Sathya, les autres etant bien trop petits pour suivre. Pas facile au debut, car leur niveau est incroyablement different : Amu ne sait pas lire, certains connaissent l’alphabet en capitales, d’autres en minuscules, certains parlent un peu anglais … J’ai donc repris depuis le debut, et grace au tableau noir, aux dessins et aux gestes, on voit les parties du corps, des objets, des fruits, des legumes. Je me contente du vocabulaire, meme si j’ai reussi a leur faire comprendre « I am … / You are … ». Lorsque vous avez en face de vous des enfants qui parlent 3 langages entre eux (Tamil, Kanada et Hindi), et peu d’anglais, c’est un vrai challenge de faire comprendre des notions complexes, alors merci le tableau et le dessin !
Apres le petit cours d’anglais quotidien, on joue entre nous : blocs de construction, Uno, ballon, football sur papier, jeux avec les nombres, et j’en passe.
Juste pour montrer a quel point la vie est peu chere ici : pour 15 euros, j’ai pu acheter 5 jeux pour enfants (blocs en bois, 3 jeux de societe, Uno), une tripotee de pastels/crayons pour dessiner et du papier, avec le transport en tuktuk aller-retour jusqu’au centre commercial compris. Ils n’ont pas grand chose pour jouer, car la lutte prioritaire du pasteur, chaque mois, est de payer le loyer et la nourriture pour les enfants. Ces quelques jeux ne me coutant pas grand chose, ils me permettent d’une part de divertir les enfants, tout en leur enseignant des verbes, couleurs, formes, etc…

A 15h30, tous les etudiants scolarises reviennent et je joue avec eux. Volley, football, jeux de balles, cricket, jeux de cartes, de societe, etc … J’aide aussi certains a reviser leurs cours d’anglais officiels, mon Hindi ou Kanada etant assez rudimentaires pour l’instant.
C’est donc une tres bonne experience, meme si elle peut s’averer epuisante en fin de journee ! Je suis integre a la perfection avec les enfants, et j’ai donc constamment droit a des « uncle uncle je veux jouer a ca » ou « uncle uncle il veut pas me laisser jouer a ca », voire des « uncle uncle camera » ou « uncle uncle viens jouer a ca ». Les garcons et les filles sont separees pour le jeu, regle du Pasteur, et ca m’arrange : lorsque les jeux avec les garcons hypramega-energiques, competitifs et parfois un peu mechants deviennent epuisants, je rejoins le calme havre de paix des filles, douces et studieuses.
J’ai a peu pres assimile la quasi-totalite des noms des enfants (pas simple, car a part Abraham et Jennifer, tous les autres prenoms m’etaient totalement « exotiquement » inconnus), cerne leur diverse personnalite et apprend a les connaitre : Tenin aime etre le chef et s’emporte vite, Abel est distrait, Supryia et Minnie sont capricieuses, Anita semble jalouse, Sanju est renfermee, Santosh est independant, Suraj est assidu a la tache, etc … Je passe de bons moments avec eux, en groupe ou en petits commites, comme hier avec Supryia et Anita qui m’ont offert un cours d’Hindi/Kanada. Namaste, amara nam Pierre.

A 18h30, ils vont tous dans une meme chambre et prie pendant une heure. C’est mon moment de repos (je fais une petite sieste lorsque la chaleur est trop pesante en milieu de journee) et signe de fin de journee : on m’apporte le diner dans ma chambre et apres avoir souhaite « bonne nuit » aux enfants dans leur chambre, je file au lit. Meme constat face a l’incroyable generosite et la genante « serviabilite » de l’equipe : on me demande quels produits me feraient plaisir, on me propose constamment du the, j’ai droit a de bons repas … Evidemment genant lorsque les enfants ont des repas assez simples et que les conditions de vie sont relativement precaires ici.

Tous les jours, je rejoins les quelques magasins du coin pour m’approvisionner en eau en bouteille, et je rejoins de temps a autres Hosa Road, 20 minutes de marche, ou tout est disponible (Internet entre autre !). Je suis comme d’habitude source de nombreux regards, mais cela me permet de rencontrer quelques personnes curieuses sur la route, ou de me lier un peu avec le pharmacien a cote du poste Internet !

Ups, 12h30, je dois refiler au shopping-center : il me faut un petit ballon pour improviser un bowling avec toutes mes bouteilles d’eau vides, voire quelques autres jeux. Je repars ensuite a l’orphelinat pour accueillir les enfants du retour de l’ecole. A la prochaine !

Photos : ici

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