La tête en bas ... » egg http://blog.pskl.fr Fri, 02 Jul 2010 12:22:10 +0000 en hourly 1 http://wordpress.org/?v=3.0 La journee typique d’un egg-packer http://blog.pskl.fr/australie/la-journee-typique-dun-egg-packer/ http://blog.pskl.fr/australie/la-journee-typique-dun-egg-packer/#comments Sun, 18 Oct 2009 07:43:24 +0000 Pierre http://blog.pskl.fr/?p=220 Extrait du livre Les oeufs, plus qu’un truc rond, une obsession bientot dans toutes les librairies pres de chez vous.

[...] L’egg-packer en Australie peut etre de n’importe quelle nationalite, religion, race, disposant ou non d’un diplome, mais nous nous attarderons ici sur un cas particulier : l’egg-packer voyageur tourangeau, brun, 22 ans, 64 kilos, QI de 340, oupa.

Ce specimen de grande qualite se reveille donc 5 matins de la semaine a 6:30am. Il descend difficilement de son lit, essayant chaque jour de trouver une technique discrete et non dangereuse de descendre de ce lit. La meilleure solution trouvee jusqu’a present est de prendre appui contre le mur en face, et faire l’acrobate pour poser un pied sur le lit du dessous, en evitant les pieds de Norman, petit gros anglais tatoue ici en vacances, mais adorable.

Une fois ses lentilles sur les yeux, il deplace sa tete non-eveillee vers la cuisine deserte. Il fait chauffer une tasse de cafe dans le micro-ondes et va se connecter pour verifier ses mails. Une fois le cafe pret, il le savoure generalement en lisant son courrier, et en decouvrant souvent un mail qui l’enchante d’une personne qui l’enchante aussi, lui assurant un debut de journee optimal. Il se dirige ensuite vers la table a manger, deserte elle aussi, ou il savoure un petit dejeuner.

Vers 7:10am, il monte dans son bolide, choisit le CD du jour et file au boulot. Apres 25 minutes de route souvent ensoleillee, mais fraiche, il arrive a la Swan Eggs Farm ou il se gare et attend generalement quelques minutes : le specimen etudie passe parfois ses minutes a somnoler, mais le plus souvent il met a jour son daily-diary, qui ressemble plus a un weekly-diary ces temps-ci. Vers 7:55am, il rentre dans la cuisine de l’entreprise et salue ses collegues. Il note son horaire d’arrivee, depose sa nourriture au frigo, remplit sa bouteille d’eau et file dans l’entrepot (apres relecture, je decouvre les rimes de cette phrase, futur tube de l’ete).

La, il entame un rituel de preparation quotidien : remplissage de seaux d’eau + chiffons ensuite places sous les tapis roulants ou arrivent les boites d’oeufs, au cas ou d’eventuels oeufs viennent salir l’espace de travail, verification des pistolets-dateurs, puis attente. Apres une quinzaine de minutes d’attente, lui permettant de s’eveiller et de dire bonjour aux arrivants, et de se mettre dans l’etat d’esprit de l’egg-packer qui reussit, la machine est lancee. Le fameux bruit repetitif de la machine s’installe pour la journee, permettant ainsi a toute l’equipe de communiquer de maniere violente en criant. Le specimen, quant a lui, se rapproche toujours de son interlocuteur, car l’anglais australien est encore plus difficile a comprendre avec des interferences. Il passe donc la matinee a verifier les oeufs dans les boites avant qu’elles soient fermees par lui-meme, un de ses collegues ou la machine, puis prend les boites et les entasse par 15 dans un carton, date le carton plein et place le carton derriere lui, sur le tapis roulant de la machine qui fermera et scotchera la boite a vie. Un nouveau carton est alors pris, au dessus de sa tete, et place en bout de tapis, et generalement date immediatement.

Par moment, le rythme se fait trop rapide, ou alors un evenement perturbateur vient interferer le bon deroulement du packing d’eggs : un oeuf est mal tombe dans la boite, ruinant ainsi la perfection de la chaine et la proprete de la machine par la meme occasion. Un bouton rouge permet de stopper le process, pour nettoyer ou alors prendre son temps pour ranger les boites.

Regulierement, l’egg-packer tourangeau tourne la tete vers sa gauche pour constater, oupa, un surplus de cartons scotches et prepares par la machine. Il court donc en leur direction pour les prendre et les placer sur les palettes adequates. Egalement parfois, il se peut qu’il ait a pousser le carton dans la scotch-machine, car elle se bloque parfois. Il fait ce geste avec prudence et recul, car un gros bras metallique pourrait lui faire tres mal, et l’egg-packer n’aime pas le mal.

2 a 3 fois par jour, la chef de l’egg-packer lui demande d’aller aux « buttons », autrement dit le poste de controle-qualite des oeufs, place avant la machine de packing. La, il passe generalement 30 minutes a trier les oeufs arrivant des 4 « sheds » : les oeufs pales, craques ou moches sont otes et places a droite, les oeufs sales sont places a gauche, sur des moules de 36 oeufs. Lorsqu’a gauche ou a droite, les moules s’empilent au nombre de 6, il les prend et les pose au sol, ou le « runner » les recuperera pour soit les mettre sur la palette d’oeufs craques, soit emmener les oeufs sales dans la machine a nettoyer les oeufs. L’egg-packer aux « buttons » verifie donc chaque oeuf arrivant, a l’aide de ses yeux affutes et d’un miroir en face de lui qui permet de matter le joli fessier de l’oeuf en question. Une certaine experience est necessaire pour attraper l’oeuf desire en s’aidant de la vision dans le miroir, car le devant est derriere, et lycee d’versailles. Apres quelques minutes de controle-qualite, l’egg-packer commence a delirer et a chanter a la vue de ce tapis roulant plein d’oeufs : il a parfois des hallucinations et voit des Monsieur Patate par centaines, ou des poussins. Lorsque la machine s’arrete pendant quelques secondes, il passe le plus clair de son temps a dessiner avec les oeufs sur le tapis. Il est le pro des fleches et des triangles, et l’apprentissage du smiley est en cours.

A 10h30, il dispose d’une pause de 15 minutes non prise en compte sur son salaire, ou il deguste un petit encas et discute avec ses collegues dehors, au soleil. Du moins, il essaye de discuter, et passe son temps a essayer de transcrire leur propos en un anglais comprehensible. A 13h, il dispose de 30 minutes non payees pour manger son sandwich prepare la veille, et prendre un cafe gratuit.  Il passe ensuite l’apres-midi comme le matin, entre packing et checking, puis la fin du packing se termine lorsque le « markers » blancs sont arrives, signifiant la fin du process. Les derniers oeufs sont places dans les boites, puis la machine est nettoyee de fond en comble, et les cartons vides sont reapprovisionnes au dessus des tetes des packers. Ensuite, l’egg-packer ainsi que ses collegues vont preparer les commandes du jour et empiler sur des palettes differentes sortes d’oeufs (600g L, 700g XL, 800g XXL, Megas, petite, freerange …). Apres la commande palettisee, il l’emballe et la place dans un coin de l’entrepot.

Apres 1 a 2h de commandes, la journee se termine : il file ecrire l’heure de fin de sa journee et s’en va rejoindre son backpack prefere, empruntant generalement une route fort encombree. Arrive la, il profite de ses amis, d’une biere fraiche, d’une douche fraiche, et prepare son sandwich du lendemain. Ensuite, il oublie le monde de l’egg-packing pendant quelques heures, et file alors au lit.

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La fierte du travailleur http://blog.pskl.fr/australie/la-fierte-du-travailleur/ http://blog.pskl.fr/australie/la-fierte-du-travailleur/#comments Tue, 13 Oct 2009 13:57:37 +0000 Pierre http://blog.pskl.fr/?p=215 Hey mate ! Reprenons la ou je m’etais arrete la derniere fois, tout en m’excusant pour les quelques jours d’absence. Travail, fatigue, toussa toussa, j’ai pas specialement la force d’ecrire sur un clavier !

Apres une nuit de samedi a dimanche encore pourrie (changement de dortoir, j’entends tout des soirees de dehors, et j’ai encore oublie mes boules-quies dans la voiture, et 2 des 3 autres mecs de la chambre ronflent), je passe le plus clair de mon dimanche a errer comme un zombie, et accessoirement ressembler a un zombie. En y reflechissant, meme un zombie aurait peur de mes cernes. En fin d’apres-midi, apres avoir achete une petite bouteille-cadeau pour les Mayer, je roule vers Midland pour retrouver mon ancienne woophing-family. En arrivant, je retrouve tout le monde (Janette, Richards, leur fille, son copain) et d’autres personnes inconnues au bataillon : le frere du copain de la soeur et sa femme, au copain pas a la soeur (vous suivez ?), une amie de la fille, et un couple de nouveaux woopheurs. Et devinez quoi ? Maxime, le nouveau woopheur, vient de Tours. Comme quoi la Terre est petite. Il a quitte Tours il y a 4 ans, et il y vivait/etudiant auparavant. Il etait a Balzac, dans ma rue, ses parents habitait le meme quartier que mon ecole, et il etudiait a l’IUT Tech’ de Co, comme certains amis a moi.

On a donc deguste un (encore) delicieux diner : barbecue australien, delicieuse viande tendre, et reste de salade libanaise. On a bien discute, rigole, en francais et en anglais, et j’ai decouvert Mathilde et Maxime. Ils m’ont egalement parle de leur voyage en Australie, car cela fait pres d’un an qu’ils sont parmi les kangourous.

Apres avoir dormi chez les Mayer, j’ai eu ma deuxieme journee de travail. Je commence a comprendre le fonctionnement de l’usine, je prends mes reperes, decouvre les gens (dont une ecossaise qui a parcouru l’Australie avec un WHV 20 ans auparavant, et qui est desormais entierement Australienne). J’ai commence a 8h pour finir a 19h : apres le packing, on nettoie les machines et l’entrepot, puis on prepare les commandes pour les clients. Empilage de boites sur palettes, filmage, etc … Je connais tout ca, mais le lundi est une journee chargee en commande, donc on termine toujours tard. Pas de probleme, le temps c’est de l’argent, et ca m’arrange. Desormais, a chaque fois que je regarde ma montre, je change les unites : il n’est plus 15h pour moi, mais 126$ de l’apres-midi. En revenant (premiere conduite de nuit en Australie soit dit en passant), je deguste une soupe offerte par Janette, et passe ma soiree a refaire le monde avec Kim, en prevoyant quelques projets en commun (vous verrez bien plus tard !).

Aujourd’hui, autre journee de travail. La fin de matinee fut un peu plus difficile que d’habitude, car un abruti a oublie de nourrir les poules hier. Ce qui signifie que les oeufs sont de pietre qualite, donc on doit verifier chaque boite avant de les mettre dans les cartons, donc ca demande plus de temps, donc les boites arrivent sur le tapis, et y’en a trop, et ca bloque, et on appuie sur le bouton rouge pour reussir a tout verifier et caser dans les cartons. L’apres-midi a ete plus calme, et on a termine en faisant quelques commandes.

Je reste donc plusieurs mois ici, et Vanessa, ma chef, m’integre gentiment dans l’equipe et le travail : je change de poste regulierement, et ce matin elle m’a explique le principe des « markers », des faux oeufs blancs. Pour les curieux : ils sont places tous les matins en debut de tapis (la ou les oeufs sont) dans les grands hangars a poules, et quand ils arrivent dans l’usine, cela signifie que les oeufs de la journee sont faits. Apres ca, fini, nettoyage, commandes. Elle m’explique gentiment de nombreuses choses sur le metier, comment marche tout ca, et ma curiosite me permet de comprendre et apprendre le magnifique monde des oeufs. Certains penseront que c’est un metier pourri, je serai presque d’avis a dire la meme chose, mais plutot que de se plaindre, autant etre curieux et decouvrir des choses inconnues !

Avant de partir, petite anecdote du jour : Vanessa, ma patronne, m’a dit aujourd’hui en plein travail : « Hey Pierre, I’m happy you smell good / Hey Pierre, je suis content que tu sentes bon » … Ca fait plaisir ! Apparemment, l’employe d’avant ne sentait pas la rose. Sur ce, quelqu’un veut l’ordi, je file rejoindre les autres dehors autour d’une biere. See ya !

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Travail trouve, enfin ! http://blog.pskl.fr/australie/travail-trouve-enfin/ http://blog.pskl.fr/australie/travail-trouve-enfin/#comments Fri, 09 Oct 2009 05:18:05 +0000 Pierre http://blog.pskl.fr/?p=209 Aujourd’hui est un graaaand jour, encore, j’ai trouve un job ! Mais j’y viendrai plus tard, resumons d’abord les jours precedents.

Hier, avec Chris, nous sommes restes au backpack a attendre des coups de fil de magasins de voitures, pour d’eventuels jobs de car-washing. Volkswagen m’a appele vers 13h, me demandant si on peut travailler pour eux 6 mois, et je leur ai dit que je ne peux travailler qu’au maximum 3 mois. Il m’a donc dit qu’il allait contacter d’autres personnes dans l’apres-midi, et peut-etre me rappeler. J’ai ete trop optimiste car il ne m’a jamais rappele, evidemment ! Tout le monde me dit que j’aurais du dire « Yeahhh, sure, we can work 6 months » et quitter le travail quand on veut, mais je suis un homme parfait qui ne ment pas, vous le savez !

Donc apres ca, on a continue a chercher des jobs dans le journal ou sur Internet. On a trouve une offre interessant de « tree nursery » sur thejobshop.com.au, un site+endroit ou trouver du travail. J’ai aussi vu beaucoup d’offres dans le journal pour etre « brickies labourers » : on deverse du sable, on egalise, on pose des briques, c’est pas tres facile et c’est au soleil. Mais je suis pret a tout ! Donc hier soir, ca ressemblait a ca : on part a Margaret River faire du fruit-picking … Oh non, on reste la et on cherche davantage … Oh puis non, partons voyager … Oui mais si y’a pas de travail la bas ? Apres une soiree pleine d’hesitation et de bieres, je discute un peu avec des anglais de tout de rien (certains anglais sont vraiment difficiles a piger, surtout quand ils parlent entre eux, du coup je passe le plus clair de mon temps a demander du vocabulaire, mais ils aiment bien m’eclairer). Puis au lit …

Ce matin, j’achete le journal pour trouver des offres d’emploi, toujours plein d’indecision quant a savoir quoi faire. Brickies labourers, brickies labourers, beaucoup d’offres dans le journal. Sur Internet, on voit toujours l’annonce de « tree nursery », donc avec Chris, on decide d’aller en personne a TheJobShop, a Perth. Nous sommes accueillis par une jeune femme qui nous demande de patienter. Apres quelques minutes, elle nous dit que ce job est pris helas. Mais elle a l’air motivee a nous aider : elle demande a Chris combien de temps il peut travailler, mais 6 semaines c’est assez court. Donc elle lui dit de s’asseoir et d’attendre un coup de fil de leur part si jamais ils trouvent quelque chose. Elle a l’air plus motivee avec moi, car je suis pret a rester 2/3 mois a Perth si il faut, si je trouve un job et arrive a reunir des sous. En plus, elle a vu que j’avais de l’experience en fruit/flower picking/packing, et me propose un job de egg-packer. Apres avoir verifie que je n’ai pas peur des poulets (??), elle m’explique le job : je dois trier et placer les oeufs dans des boites. Passionnant, mais je m’en fiche, je vais pas avoir un job de reve ici. Je dis donc oui, et elle me donne le numero de telephone de Wendy.

J’appelle donc Wendy, lui annonce que je dispose d’une voiture et que je peux travailer 2 ou 3 mois. Ok, pas de probleme, rendez-vous demain 8h pour une journee de test ! WOUHOUWHWOU !! J’espere que tout va bien se passer, mais y’a pas de raison : j’ai deja trier/packer du muguet, c’est repetitif et chiant, mais avec un iPod dans les oreilles et de la creativite en tete, ca devrait aller. 40 heures par semaine, 18$ de l’heure (donc 15$ directement en poche), ca fait 2400$, soit 1500€ par mois, largement suffisant pour un voyageur dans un backpack. 3 mois, ca me fait assez d’argent pour me ballader/visiter/faire ce que je veux apres, des fevrier, avant de retrouver un autre job. C’est donc parfait, j’espere vraiment reussir demain et etre pris.

C’est assez loin, 40 minutes de route, je verrai bien si je change de backpack ou non. Je suis bien ici, c’est familial, j’ai mes amis, mais si ca fait trop cher, je songerai peut-etre a trouver plus proche. On verra bien !

Je vais aussi essayer de changer de dortoir, et d’aller dans le dortoir plus petit et plus calme. Ludo, le « manager » francais me dit qu’il ne veut pas, car je risque de me lever tot, et ca l’emmerde. Hu ? Je fais pas de bruit … J’irai voir les vrais managers demain (Mitch ou Robin), et je pense reussir a m’installer dans ce dortoir plus calme, et faire ch*er Ludo. Ranafout’, foutus francais.

Voila les nouvelles du jour ! Apres 2 jours assez maussades, a ne pas trouver de travail et ne pas savoir ou aller, je suis content. Reste a reussir demain, mais j’ai connu des jobs pas faciles, alors je croise les doigts, mais pas trop fort sinon je vais casser les oeufs (humour quand tu nous tiens). Sinon, plus aucun signe des bruits etranges, j’espere que ca va continuer ainsi.

See ya everybody !

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