Messages étiquettés ferme

Que d’aventures …

Premier message de cette annee 2010 ! Et on va commencer simplement par un …

Bonne anneeee 2010 a touuuus !!

Je vous souhaite a tous le meilleur pour cette nouvelle annee qui commence :) Me concernant, beaucoup de changements. Mais revenons un peu en arriere dans un premier temps …

Samedi, boxing day, travail paye $27/h (soit-disant, j’y reviens). Dimanche, repos. Lundi, public holiday, travail paye $27/h (soit-disant, j’y reviens). Deux grosses journees de 10h payees cher a chaque fois, mes perspectives financieres s’annoncaient tres bien. Seule l’equipe de tri (donc nous) travaillons ses jours feries, et les palettes de commandes s’accumulent dans l’entrepot. Nous n’avons donc plus aucune place pour les oeufs du mardi, on nous annonce donc que nous ne viendrons pas travailler mardi.

Le mercredi, autre grosse journee : deux fois plus d’oeufs a trier (car la veille, pas de travail), tout comme les 2 jours de travail precedents. Wouhouhou les sousous ! Je commence ma journee tranquillement, au « corner », a trier les oeufs, dans une bonne ambiance, comme d’habitude. A la pause dejeuner, grosse claque : ma paye des 2 jours feries est « normale », c’est-a-dire que je n’ai ete paye que $18 pour chaque heure travaillee, alors que mes collegues ont, eux, touche $27 par heure. J’en discute avec eux, leur demande si j’ai un quelconque droit de gueuler (je n’ai pas de contrat je le rapelle), et nous pensons, eux comme moi, que c’est parfaitement injuste : j’ai fait exactement le meme travail qu’eux, et je devrais etre paye comme eux, comme prevu.
Je file donc voir Wendy, la leche-cul du big-boss qui fait les payes (entre autre), furieux, et lui demande pourquoi une telle injustice face a un MEME travail. Elle prend note et me dit qu’elle va parler avec le patron. Entre temps, on retourne travailler, et je ressasse cette histoire dans ma tete : je m’investis dans un taff, je travaille comme les autres, ma superieure m’annonce de nombreuses fois que je travaille bien, et j’ai un traitement different niveau paye pour ces jours feries. Hu ?

Apres avoir trie les oeufs de la journee et commence un peu le nettoyage, je file voir ma superieure qui a essaye de me defendre en parlant avec Wendy pour regler le probleme. Elle me dit d’aller directement parler a Wendy, ce que je fais de suite. Et la, joyeux bobards de sa part, en provenance du patron : « tu seras paye $18 car tu saiiiis, tu es un backpacker, tu ne payes pas de taxes en temps normal, et toutes tes heures sont payees $18, et c’est bien mieux que les autres qui payent des taxes, patati patata ». Huu ?? Je veux avoir une reponse sur ma paye de 2 jours feries, elle me dit que mes jours normaux sont bien mieux payes que les autres ! Bullshit, vous m’aurez pas haha. « Ok, c’est mon dernier jour, trouvez quelqu’un pour demain » dis-je apres quelques minutes de reflexion en retournant travailler. « Oh, ca t’affecte tant que ca ? », me repond-elle …

Donc voila une belle page qui se tourne : fini l’egg-packing ! Ce fut un bon travail, avec des collegues tres gentils, j’ai su m’integrer dans une equipe, prendre des initiatives et avoir des responsabilites (petites hein, mais quand meme), donc j’en garde une tres bonne experience. Malgre le fait que le patron, apparemment gentil et ouvert, est (comme tous les patrons ?) tres porte sur ses sous, et moins sur ses employes. Mais tant pis, j’ai su le decouvrir et reagir en consequence : j’ai beau avoir besoin de ce (bon) argent, je ne le gagnerai pas si on me prend pour un con.
Le meilleur provient de l’equipe : « tu as bien bosse, il nous a fallu 5 employes paresseux avant de trouver quelqu’un d’efficace, tu vas nous manquer ! ». Apres echange de facebook/mail, quelques cadeaux improvises (un tee-shirt de la ferme et un sac a courses, et une incitation a voler un carton de 15 boites d’oeufs, ce que j’ai fait), je retourne au backpack, heureux de ma decision !

J’etais fier d’avoir trouve un taff bien paye, et ne voulais pas le perdre car c’etait du bon argent et un bon travail pour un backpacker. Mais ca incluait d’autres mois ici, une certaine routine, et ce n’est pas specialement ce que j’attendais de l’Australie. Du coup, voila le plan : apres le coup de stress « haaa mais t’as sans doute pas assez de sous pour les plans a venir » et apres avoir reflechi, je m’accorde quelques jours de vacances. Je pars dans le sud, pour enfin commencer a voyager et voir l’Australie : pas de nombres de jours precis (une semaine, 10 jours …), je m’accorde un certain montant a ne pas depasser. Aujourd’hui, je prepare mon itineraire, et le but final est de trouver du fruit-picking (dans les vignes ?) une fois dans le sud, voire sur la route si je trouve, on verra. Peut-etre partirai-je avec Alex, un allemand qui file dans le sud aussi, mais rien de sur encore. Je veux prendre mon temps et voir ce que je veux voir, sans dependre de quelqu’un.

Jeudi, premiere journee de non-emploi ! Je retourne au boulot prendre ma derniere paie, fais mes adieux aux collegues, et file chez les Mayer leur expliquer la situation et leur annoncer que non, je n’emmenagerai pas chez eux dimanche. J’ai ensuite achete quelques trucs pour la preparation du depart : un petit matelas, des bricoles, il me reste a installer des rideaux dans ma voiture et faire un petit « chez moi », car je risque d’y vivre dedans un bon bout de temps desormais (le fruit-picking peut inclure « vivre dans sa voiture » !).
Le reveillon au backpack fut tres sympa : on a commence par une graaande tablee au restaurant thailandais sur la plage, avec vue sur le coucher de soleil. Bon repas, bon moment (le crocodile, c’est super bon). On retourne au backpack ou l’on continue la soiree et un peu avant minuit, on file a la plage (pas de photo de ma part, Facebook devrait regler ca bientot) ! Quelques temeraires (dont moi, c’est pas tous les jours qu’on peut faire ca) y vont en maillot, avec un petit vent froid (la chaleur des jours precedents s’est un peu calmee, les nuits sont presques fraiches). La transition entre 2009 et 2010 s’est donc faite dans l’eau pour ma part, a lutter avec les vagues dans une eau sacrement chaude ! Depaysement, bonjour …

2010 commence donc bien : bientot, je pars enfin et quitte cette auberge et cette ville. Ca fait bizarre, ca fait un peu peur aussi apres quelques mois de routine, mais j’ai hate ! Pourquoi ne pars-tu pas maintenant, me direz-vous. Pour une raison a la con : j’ai, comme vous le savez, fait une demande de visa indien. Mon passeport est donc a l’ambassade, pour pouvoir accueillir mon joli visa sur ses jolies pages. Donc je dois attendre qu’il soit disponible (8/10 working days, j’espere vraiment qu’il sera pret milieu de semaine prochaine). Du coup, j’attends comme un con, tout ca parce que mon passeport n’est pas pret. Mauvais timing, mais ca fait partie de l’aventure ! D’un cote, ca me permet de prendre quelques jours pour preparer mon voyage, ma voiture. Mais je n’aime pas du tout savoir que je suis la a « rien » faire, alors que je pourrai enfin voyager, ou travailler, enfin faire quelque chose !!!

Sur ce, on va reposer cette tete qui tangue a cause d’hier soir ! Jours qui suivent : rideaux, acquisition du matos necessaire pour se nourrir/dormir sur les aires de repos, planification des choses a voir … Ca en fait des choses !

See ya everybody, et que 2010 vous apporte du bonheur !

Photos : ici

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La journee typique d’un egg-packer

Extrait du livre Les oeufs, plus qu’un truc rond, une obsession bientot dans toutes les librairies pres de chez vous.

[...] L’egg-packer en Australie peut etre de n’importe quelle nationalite, religion, race, disposant ou non d’un diplome, mais nous nous attarderons ici sur un cas particulier : l’egg-packer voyageur tourangeau, brun, 22 ans, 64 kilos, QI de 340, oupa.

Ce specimen de grande qualite se reveille donc 5 matins de la semaine a 6:30am. Il descend difficilement de son lit, essayant chaque jour de trouver une technique discrete et non dangereuse de descendre de ce lit. La meilleure solution trouvee jusqu’a present est de prendre appui contre le mur en face, et faire l’acrobate pour poser un pied sur le lit du dessous, en evitant les pieds de Norman, petit gros anglais tatoue ici en vacances, mais adorable.

Une fois ses lentilles sur les yeux, il deplace sa tete non-eveillee vers la cuisine deserte. Il fait chauffer une tasse de cafe dans le micro-ondes et va se connecter pour verifier ses mails. Une fois le cafe pret, il le savoure generalement en lisant son courrier, et en decouvrant souvent un mail qui l’enchante d’une personne qui l’enchante aussi, lui assurant un debut de journee optimal. Il se dirige ensuite vers la table a manger, deserte elle aussi, ou il savoure un petit dejeuner.

Vers 7:10am, il monte dans son bolide, choisit le CD du jour et file au boulot. Apres 25 minutes de route souvent ensoleillee, mais fraiche, il arrive a la Swan Eggs Farm ou il se gare et attend generalement quelques minutes : le specimen etudie passe parfois ses minutes a somnoler, mais le plus souvent il met a jour son daily-diary, qui ressemble plus a un weekly-diary ces temps-ci. Vers 7:55am, il rentre dans la cuisine de l’entreprise et salue ses collegues. Il note son horaire d’arrivee, depose sa nourriture au frigo, remplit sa bouteille d’eau et file dans l’entrepot (apres relecture, je decouvre les rimes de cette phrase, futur tube de l’ete).

La, il entame un rituel de preparation quotidien : remplissage de seaux d’eau + chiffons ensuite places sous les tapis roulants ou arrivent les boites d’oeufs, au cas ou d’eventuels oeufs viennent salir l’espace de travail, verification des pistolets-dateurs, puis attente. Apres une quinzaine de minutes d’attente, lui permettant de s’eveiller et de dire bonjour aux arrivants, et de se mettre dans l’etat d’esprit de l’egg-packer qui reussit, la machine est lancee. Le fameux bruit repetitif de la machine s’installe pour la journee, permettant ainsi a toute l’equipe de communiquer de maniere violente en criant. Le specimen, quant a lui, se rapproche toujours de son interlocuteur, car l’anglais australien est encore plus difficile a comprendre avec des interferences. Il passe donc la matinee a verifier les oeufs dans les boites avant qu’elles soient fermees par lui-meme, un de ses collegues ou la machine, puis prend les boites et les entasse par 15 dans un carton, date le carton plein et place le carton derriere lui, sur le tapis roulant de la machine qui fermera et scotchera la boite a vie. Un nouveau carton est alors pris, au dessus de sa tete, et place en bout de tapis, et generalement date immediatement.

Par moment, le rythme se fait trop rapide, ou alors un evenement perturbateur vient interferer le bon deroulement du packing d’eggs : un oeuf est mal tombe dans la boite, ruinant ainsi la perfection de la chaine et la proprete de la machine par la meme occasion. Un bouton rouge permet de stopper le process, pour nettoyer ou alors prendre son temps pour ranger les boites.

Regulierement, l’egg-packer tourangeau tourne la tete vers sa gauche pour constater, oupa, un surplus de cartons scotches et prepares par la machine. Il court donc en leur direction pour les prendre et les placer sur les palettes adequates. Egalement parfois, il se peut qu’il ait a pousser le carton dans la scotch-machine, car elle se bloque parfois. Il fait ce geste avec prudence et recul, car un gros bras metallique pourrait lui faire tres mal, et l’egg-packer n’aime pas le mal.

2 a 3 fois par jour, la chef de l’egg-packer lui demande d’aller aux « buttons », autrement dit le poste de controle-qualite des oeufs, place avant la machine de packing. La, il passe generalement 30 minutes a trier les oeufs arrivant des 4 « sheds » : les oeufs pales, craques ou moches sont otes et places a droite, les oeufs sales sont places a gauche, sur des moules de 36 oeufs. Lorsqu’a gauche ou a droite, les moules s’empilent au nombre de 6, il les prend et les pose au sol, ou le « runner » les recuperera pour soit les mettre sur la palette d’oeufs craques, soit emmener les oeufs sales dans la machine a nettoyer les oeufs. L’egg-packer aux « buttons » verifie donc chaque oeuf arrivant, a l’aide de ses yeux affutes et d’un miroir en face de lui qui permet de matter le joli fessier de l’oeuf en question. Une certaine experience est necessaire pour attraper l’oeuf desire en s’aidant de la vision dans le miroir, car le devant est derriere, et lycee d’versailles. Apres quelques minutes de controle-qualite, l’egg-packer commence a delirer et a chanter a la vue de ce tapis roulant plein d’oeufs : il a parfois des hallucinations et voit des Monsieur Patate par centaines, ou des poussins. Lorsque la machine s’arrete pendant quelques secondes, il passe le plus clair de son temps a dessiner avec les oeufs sur le tapis. Il est le pro des fleches et des triangles, et l’apprentissage du smiley est en cours.

A 10h30, il dispose d’une pause de 15 minutes non prise en compte sur son salaire, ou il deguste un petit encas et discute avec ses collegues dehors, au soleil. Du moins, il essaye de discuter, et passe son temps a essayer de transcrire leur propos en un anglais comprehensible. A 13h, il dispose de 30 minutes non payees pour manger son sandwich prepare la veille, et prendre un cafe gratuit.  Il passe ensuite l’apres-midi comme le matin, entre packing et checking, puis la fin du packing se termine lorsque le « markers » blancs sont arrives, signifiant la fin du process. Les derniers oeufs sont places dans les boites, puis la machine est nettoyee de fond en comble, et les cartons vides sont reapprovisionnes au dessus des tetes des packers. Ensuite, l’egg-packer ainsi que ses collegues vont preparer les commandes du jour et empiler sur des palettes differentes sortes d’oeufs (600g L, 700g XL, 800g XXL, Megas, petite, freerange …). Apres la commande palettisee, il l’emballe et la place dans un coin de l’entrepot.

Apres 1 a 2h de commandes, la journee se termine : il file ecrire l’heure de fin de sa journee et s’en va rejoindre son backpack prefere, empruntant generalement une route fort encombree. Arrive la, il profite de ses amis, d’une biere fraiche, d’une douche fraiche, et prepare son sandwich du lendemain. Ensuite, il oublie le monde de l’egg-packing pendant quelques heures, et file alors au lit.

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